Nieul-sur-l’Autize
Nieul-sur-l’Autize est avec Maillezais un grand site touristique du Sud-Vendée qui séduit nombre d’amateurs d’histoire et d’architecture ancienne.

Nieul-sur-l’Autize serait d’après la tradition le berceau de la reine Aliénor d’Aquitaine, épouse de deux rois du XIIe siècle, Louis VII, roi de France et Henri de Plantagenêt, roi d’Angleterre. Y est-elle vraiment née en 1122 ? Rien n’est moins sûr… mais sa mère Aénor de Châtellerault repose dans la cloître de l’Abbaye. L’Abbaye se voit accorder le statut d’Abbaye Royale en 1141 par Aliénor d’Aquitaine, alors Reine de France.
Fondée en 1068 par Ayraud Gasedenier, seigneur de Vouvant, l’Abbaye Saint-Vincent est l’un des rares ensembles monastiques poitevins conservant aujourd’hui ses trois éléments (église, cloître et bâtiments conventuels) presque intacts. Le cloître roman est d’ailleurs le seul dans l’ouest de la France conservé dans son intégralité. L’église romane, restaurée au XIXe siècle, présente sur sa façade un riche décor sculpté, représentant les sept péchés capitaux : l’avarice, la paresse, la jalousie, l’orgueil, la colère, la gourmandise et la luxure.
Au XIIIe siècle, les moines de l’abbaye entreprennent d’assécher le marais voisin. S’associant avec les chanoines de Maillezais, Saint-Maixent et Saint-Michel-en-l’Herm, ils partent à la conquête du golfe des Pictons et creusent le canal des Cinq-Abbés. Ainsi fut créé le Marais Poitevin, un marais mouillé où la terre et l’eau s’entremêlent pour former des paysages bucoliques, riches d’une faune et d’une flore insolites.
Maillezais
Autre grand pôle touristique du Sud-Vendée : Maillezais et son abbaye Saint-Pierre. Elle fut édifiée en 1003 sur un îlot calcaire du Golfe des Pictons, à l’emplacement de l’ancien château fort des ducs d’Aquitaine. L’abbaye Saint-Pierre est aujourd’hui une cathédrale de verdure aux pieds des conches et rigoles de la Jeune Autise, bordées de frênes têtards et de peupliers. Elle possède une architecture unique en Poitou Saintonge. Les imposantes ruines de l’abbaye sont évocatrices de sa grandeur passée. On peut aussi admirer les salles bien conservées des bâtiments conventuels : la cuisine, les réfectoires, le cellier et la cave à sel.
Le pape Jean XXII l’élève en 1317 en siège épiscopal en même temps que Luçon, mais autorise les moines à rester sur place. Pendant les guerres de religion, Agrippa d’Aubigné en fait une forteresse protestante. Il y restera trente ans avec les calvinistes avant de la vendre en 1610 au duc de Rohan. A la Révolution Française elle est vendue comme bien national, devient propriété d’un démolisseur qui la transformera en carrière.
Lettrés et artistes y furent reçus, dont François Rabelais accueilli en 1518 par Monseigneur Geoffroy d’Estissac, qui en fit son secrétaire et le précepteur de son neveu. Il s’inspirera de l’abbaye pour concevoir l’abbaye de Thélème, son idéal d’humanisme.



