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Cette partie du marais mérite bien son nom de Venise Verte

C'est vraiment tout un art de vivre maraîchin que de découvrir le petit village de Maillé, le transport des bovins sur les "plates", la culture des mogettes dans le marais, l'organisation des petites rues qui donnaient sur le port, et la gestion de l'eau omniprésente et vitale.

Un vieux village typique du marais

Que de richesses dans ce tout petit village situé au centre du Marais Poitevin, avec son patrimoine historique, architectural, et hydraulique ! On y est bien placés pour comprendre les Marais, Marais mouillé et Marais desséché !

 

Voici quelques lieux et faits historiques intéressants

Maillé possède un aqueduc assez particulier. Quand on parle d’aqueduc, on pense Pont du Gard, ou aqueduc gallo-romain. Mais à Maillé, l’aqueduc est différent : il est souterrain :
Il a été construit au XVIIe siècle et permet à deux canaux – celui de Vix et celui de la jeune Autize de se croiser sans que leurs eaux ne se mélangent, ceci afin de séparer les eaux du marais desséché de celles du marais mouillé. Il s’agit donc d’un aqueduc souterrain à trois conduits en pierres de taille, sur pilotis. Il permet aux eaux de la jeune Autize, de ne pas se mélanger en période de crues à celles du canal de Vix et de ne pas inonder ainsi les marais desséchés
Il a été récemment rénové, ainsi que les écluses, et si les portes en bois n’existent plus, il a gardé son principe de fonctionnement et son utilité. Une passe pour tous poissons a été rajoutée.

Le patrimoine hydraulique de Maillé est très riche : le nœud hydraulique de Bazoin est unique dans le Marais Poitevin ; il assure le contrôle du niveau des eaux sur 3 rivières importantes du Marais, la Sèvre Niortaise bien sûr ; mais aussi le Mignon et la vieille Autize.

Proche, le Pont des Marys a été jusqu’au début du XXe siècle le seul pont entre Niort et Marans, grâce à son île au milieu de la rivière.

De nombreux sentiers de randonnées et pistes cyclables aménagés à l’écart des routes, permettent de découvrir tous ces ouvrages ingénieux et intéressants.


Une activité florissante au XIIe siècle avec le commerce du sel

On retrouve des traces de son activité au XIIe siècle, liée au transport et au commerce de sel, qui en faisait un village actif et riche.

Maillé a encore les traces de son organisation d’alors. Les petits ports communs aux habitants d’une ruelle, « les cales », donnaient sur les conches, et permettaient aux agriculteurs d’aller dans les champs, reliés uniquement par canaux, pour y faire pousser des légumes (dont les fameuses mogettes, ou « mojhettes »), d’aller chercher le foin et la paille pour l’hivernage des vaches Maraîchines. Ces petites vaches étaient amenées en barque, « en plates », pour paître une herbe grasse produite dans les prairies entourées de frênes têtards.

Et ces jolies petites vaches, moins nombreuses qu’à cette époque, mais espèce protégée à ce jour, ont les yeux bien maquillés !

Chaque ferme était alors reliée par le port vers les riches Marais et par la route vers les marchés.

port-de-maille

 

 

Il y avait alors dix hôtels, et de nombreux commerces de bouche, (boucherie, épiceries) de service vers les agriculteurs, charron, bourrelier, quincailleries et aussi ?.. de nombreux cafés. Mais à l’époque, pas de boulangerie, car le pain et beaucoup de cuissons étaient faites dans un four banal, c’est-à-dire commun à un quartier. On en a répertorié jusqu’à 50 à Maillé ! Mais il y avait également beaucoup plus d’habitants, jusqu’au double d’aujourd’hui !

Avec l’arrivée des moyens de communication modernes, les voies d’eau ont perdu de leur intérêt économique, mais cette organisation perdure et façonne encore la structure du village.

Sur le port, les écluses en bois, qui fonctionnent toujours à la manivelle, ravissent les promeneurs en barque, et les spectateurs toujours surpris du fonctionnement totalement manuel de ces écluses, parmi les plus petites de France…

Le Grand Port justement, accueille à présent des bateaux électriques qui permettent de se promener tranquillement sur la Sèvre Niortaise. Sur les rives, on peut observer toutes sortes d’oiseaux, hérons, cygnes, canards, des vaches, dont des vaches maraichines. Et la flore, selon les saisons, change les couleurs, et modifie ce paysage magique. Les marais, grâce aux lumières différentes des saisons et des heures, sont chaque jour changeants.

Maillé possède une église, dont le porche roman, datant du XIIème siècle, est classé aux monuments historiques. Acrobates, animaux fantastiques, musiciens, ne sont pas sans rappeler les porches des églises romanes telles que l’église de Maillezais, de Benet, de l’Abbaye Royale de Nieul sur Autize, etc…


Agrippa d’Aubigné aurait écrit « Les Tragiques » à Maillé

Une autre page intéressante de l’histoire de Maillé est la venue dans le village de l’écuyer du Roi de Navarre devenu Henri IV : Agrippa d’Aubigné. Protestant calviniste, gouverneur de Maillezais, il habita, selon les dires, à Maillé, et aurait même écrit et imprimé son livre de poèmes « Les Tragiques », entre autres, dans un hameau du village « Fort Dognon ». Est-ce grâce à cet héritage, les chevaux ont une grande place dans le village, beaucoup d’activités, de fêtes, de rassemblements, et même au quotidien, sont liés avec ces animaux ?

Un moulin à vent, le moulin de la Pichonnière, dont la restauration par une association du village vient de se terminer récemment, est ouvert au public lors des journées du patrimoine et pendant les journées des moulins. Il nous montre, outre son fonctionnement, la vie quotidienne du village autrefois.

Oui, beaucoup d’histoire, de nature domestiquée par l’homme ou encore sauvage, dans ce petit village lié à l’histoire du Marais Poitevin, à découvrir.

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